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Auteurs : Baudot P., Bley D., Brun B., Pagezy H., Vernazza-Licht N.
Depuis les années 1980, puis avec la montée des
préoccupations environnementales après la
Conférence de Rio (1992), un retournement de tendance en
faveur de l'agriculture paysanne est perceptible au moins dans
les discours, sinon dans les politiques des gouvernements et des
institutions internationales. Le développement durable
semble s'affirmer en redécouvrant les pratiques et les
savoirs des paysans… Ainsi, la convention internationale
sur la Diversité Biologique (CDB) s'engage en faveur de la
« participation paysanne », mais aussi de la
protection des savoirs traditionnels garants de la
diversité culturelle (alinéa 8J). Par ailleurs et
alors que l'on croyait les paysans disparus en Europe et dans le
monde développé, resurgit la bannière
paysanne portée par de nouvelles organisations syndicales.
La figure du paysan rebelle n'est-elle pas en passe de devenir un
symbole vivant de la lutte contre la mondialisation ? Autour
d'elle, n'assiste-on pas à l'opposition,
idéologique et politique, de deux visions du monde ?
De ces quelques éléments, se dégage
l'hypothèse d'un « changement global » du
regard porté sur le paysan et son rapport à la
nature. Le recours à l'environnement (discours et
politiques) est-il en mesure de renverser les tendances
observées depuis plusieurs décennies, tendances
lourdes de menaces pour le devenir des paysanneries ?
L'adhésion des acteurs politiques aux nouvelles normes
environnementales ne sert-elle qu'à rhabiller une
réalité où les rapports de force et les jeux
de pouvoir continuent d'exclure la majorité des paysans ?
L'orientation générale de cet ouvrage collectif est
d'analyser l'impact des discours et politiques d'environnement
récemment mis en œuvre, au Nord et au Sud, autour
des axes suivants : la figure du paysan et ses transformations
(partie 1), les dynamiques agricoles et paysannes dans les pays
du Sud (partie 2) et en Europe (partie 3), les aléas de la
« participation paysanne » dans le cadre de la
nouvelle gouvernance environnementale (partie 4).
Il s'agira aussi d'attirer l'attention des sciences sociales sur
de nouvelles problématiques et questions transversales au
cœur des enjeux contemporains, de poser les jalons d'une
approche critique et pluridisciplinaire de la notion de
« développement durable »…
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